Pourquoi les associations devraient utiliser des logiciels libres

Le numérique et les associations, le couple n’est, parfois, pas très heureux. Les problèmes sont nombreux : coût du matériel et des logiciels, obsolescence, ressources humaines, compétences, respect de la vie privée, …

La difficulté pour une association de travailler avec du matériel vieillissant voir obsolète, des logiciels non mis à jour faute de moyens, un usage du “cloud” pratique mais très loin des considérations éthiques amène de nouvelles problématiques que les logiciels libres peuvent en partie résoudre.

Bien souvent le matériel utilisé dans les associations provient de dons de membres, d’entreprises. Il a été utilisé pendant plusieurs années et même s’il reste parfaitement efficace il n’est plus possible d’utiliser les dernières versions de Windows. Dans le cas des dons d’entreprises, Windows peut avoir été supprimé pour des raisons de licence. Pour continuer à utiliser ce “vieux” matériel avec des systèmes modernes, la solution se trouve du côté de linux. Linux est un système équivalent à Windows (il a les mêmes fonctionnalités) mais sans les inconvénients : le coût est le plus souvent nul (pour info, lorsque vous achetez un ordinateur avec Windows installé, entre 50 et 100 € sont reversés à Microsoft, donc sans Windows, votre ordinateur couterait moins cher), la vie privée est respectée (ce qui n’est pas le cas avec Windows par défaut), linux fonctionne aussi facilement sur un PC acheté dans les années 2000 que sur le dernier portable à la mode. Pour preuve de la qualité de Linux, c’est que MacOS (le système équivalent à Windows pour les ordinateurs Mac) utilise une version de linux modifiée par Apple, on retrouve également linux dans Android, 90% des serveurs sur internet, … Si vous n’y connaissez rien en linux, n’hésitez pas à prendre contact avec une des associations prônant l’usage des logiciels libres (April) , ils sauront vous conseiller pour vous permettre d’utiliser au mieux ces outils.

Après le problème du matériel, la grosse difficulté rencontrée par les associations est presque invisible, c’est le respect de la vie privée. En effet, l’usage généralisé du “cloud” avec des outils comme Google Drive pose des problèmes sur la confidentialité des données enregistrées. Que dire d’une association d’aide sociale qui enregistre les données de ses bénéficiaires sur un document Google Sheet ? L’outil est très pratique, fonctionne partout sans installation mais les données enregistrées peuvent être revendues à des entreprises commerciales sans limite de temps ni géographique. Ainsi, un de vos bénéficiaire pourrait se voir refuser un prêt dans quelques années parce qu’il a bénéficié à un moment de sa vie d’une aide sociale. Posez-vous la question des données enregistrées dans le “cloud”, contenues dans vos emails, … Il est donc nécessaire d’utiliser des services cloud “éthiques” qui ne réutilisent pas les données enregistrées. En France, la solution se trouve principalement du côté de l’association Framasoft (association fournissant des services respectueux de la vie privée) et des Chatons (collectif de fournisseurs de services éthiques).

N’oubliez pas que votre système informatique doit respecter les valeurs transmises par votre association, soyez vigilants sur les outils que vous utilisez, sur leurs coûts, leur pérennité, … Pour aller plus loin sur les questions de vie privée, je vous conseille la lecture du livre “Surveillance” de T. Nitot. De nombreuses ressources sont également disponibles sur cette page.

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